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Christian Serra : « Mon ambition politique n’est pas tournée vers moi-même » – Essor Savoyard du 14 novembre

En terme footballistique, le porteur d’eau est le sacrifié, celui qui se dépouille pour permettre aux plus talentueux de briller. Dans le cyclisme, il serait le « gregario », celui qui apporte les bidons à ses coéquipiers.

Des gens dont le labeur est mis sous l’éteignoir. Pour le principal représentant de l’actuelle opposition, aujourd’hui également positionné dans l’ombre de Fabrice Maucci au sein de la liste « Unis et citoyen pour Aix-les-Bains », seule la valeur travail compte. Et paie.
Il avait prévu d’aller au moins au terme de trois mandats. Christian Serra achève son deuxième mais se prépare déjà au prochain. Comment celui qui se fait régulièrement rabrouer par Dominique Dord peut-il vouloir à ce point poursuivre son office pour sa cité ? Homme de devoir, Christian Serra n’aime pas la lumière et pratique la politique « au sens grec du terme » , c’est-à-dire au service des citoyens. Et face à un animal politique tel que le député maire d’Aix-les-Bains, la candeur affichée par Serra ne tient pas. Même si Hervé Boileau nous a confié que « la magnanimité n’était pas le point fort de Dord  », il faut avouer que c’est à se demander, parfois, si Christian Serra ne tend pas le bâton pour se faire battre.
« Être plus politique », s’amusait Hervé Boileau dans notre édition du 20 décembre  2012 « comme Fabrice Maucci, regardez, au final, ça a fini par l’user ».

En 1997, il écrit à Chirac
Alors que Serra, lui, dure, ne rompt pas avec son immense abnégation et sa propension à ne jamais chercher le conflit. «  C’est un homme de consensus », plaide Maucci, aux côtés duquel s’affiche Christian Serra, au coeur de la liste « Unis et citoyens pour Aix-les-Bains ». « Il n’est pas homme à renoncer à ses projets et il essaiera toujours de mettre les gens autour de la table. Un médiateur né, je l’ai toujours pensé ». Et même un partenaire idéal, puisque bourreau de travail, disponible, dont la méticulosité à éplucher les dossiers peut laisser pantois. « Le type même de personnes dont on a besoin en politique, totalement désintéressé, dévoué en termes d’implication » ajoute la tête de liste. Pas question de la jouer perso : « Il veut faire avancer sa cause ».
Pourtant, son premier acte politique a bien été une montée au front, une missive adressée en 1997 à Jacques Chirac, fraîchement élu président de la République. Dans celle-ci, Serra regrettait la suppression du service national voulue par l’homme de droite. « Il avait écrit que c’était une grande bêtise et je crois qu’il a eu raison de le faire », dira Fabrice Maucci.
En 2000, le voilà qui se rapproche de la gauche aixoise au point d’intégrer la liste de gauche en 2001 lors des Municipales. Placé en 7e position, soit en premier remplaçant, Christian Serra prend place au conseil après le départ d’un des élus. Peu de temps auparavant, dans le bulletin municipal, les deux compères s’étaient fendus d’un laïus jugé diffamatoire par le maire aixois, affaire portée devant le tribunal correctionnel. Véhément et incisif, Christian Serra sait l’être. Au choix, tous deux parlaient d’« (…) une affaire floue pour ne pas dire suspecte (…), (…) l’aspect le plus intriguant de cette affaire (…), « (…) la méthode employée est hallucinante et habituelle (…), « (…) une sorte de cadeau » , au sujet du bois Vidal et de la société Monard Zander (ndlr : la création d’un complexe médico-touristique sur une parcelle en bordure du bois Vidal).

« J’admire sa ténacité »
Une audience au cours de laquelle les deux incriminés avaient été qualifiés d' »épiciers… » « Je n’ai pas d’ambition tournée vers moi-même », assure pourtant Christian Serra, « je veux que ma société avance. J’en ai marre du Dord à tous les étages ». Sauf que lui en première ligne, jamais. Ou alors de force… «  Aux cantonales, j’y étais allé. Cela aurait pu être Denise Delage-Damon mais elle m’a suggéré d’y aller ». Lui seul n’aurait pas pris l’initiative. « Pendant près de 20 ans il s’est occupé de l’aumônerie d’Aix-les-Bains », confesse Maucci, « il tenait cette structure à bout de bras. S’occuper des autres, c’est en lui et celui qui est en face n’est pas son adversaire ».
Et il est le premier à réclamer justice et démocratie au sein du conseil, des tarifs sociaux, plus de place dans le journal municipal… « Il manque en France la mise en place d’un statut de l’élu », soupire Serra, « la politique pour ego, ce n’est pas moi ». « Moi, j’admire Christian pour sa ténacité », soulignait Hervé Boileau… Comme tous, finalement.

JÉRÔME BOIS

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Source : http://www.lessorsavoyard.fr/Actualite/Aix/2013/11/14/article_christian_serra_mon_ambition_politique.shtml

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